[Climato-éthique] La biomasse est une énergie renouvelable maltraitée

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Aurélie Barbaux , ,

Publié le 11/01/2021 À 12H27

Analyse L'analyse d'Aurélie Barbaux, grand reporter énergie et industrie durable à L'Usine Nouvelle.

[Climato-éthique] La biomasse est une énergie renouvelable maltraitée La biomasse est l’avenir de la centrale de Gardanne (Bouche-du-Rhône) de Gazel Energie et peut-être de la centrale d’EDF à Cordemais (Loire-Atlantique). © D.R. - Veolia

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C’est l’angle mort de toutes les politiques de transition énergétique. Et pourtant, on ne sortira pas des énergies fossiles sans elle. L’éolien, le solaire, l’hydrogène et la géothermie ne feront pas tout. La biomasse est cruciale. Avec elle, on peut produire de la chaleur, de l’électricité, voire les deux à la fois avec la cogénération. Elle est la base des biocarburants liquides et des biogaz verts, par méthanisation ou pyrogazéification. Elle peut même servir à produire de l’hydrogène et des engrais naturels. Sans parler de la biomasse de micro-algues qui pourra remplacer des huiles et des pesticides issus de la pétrochimie.

Un très gros potentiel

Problème, les filières biomasse ne sont aujourd’hui ni organisées ni, quand elles existent, vraiment durables. Certes, parce qu’elles ont capturé le CO2 de l’air par photosynthèse pour grandir, leur bilan carbone est neutre en matière d’émissions. Mais il l’est rarement en matière de biodiversité ou d’affectation de sols. L’utilisation massive de biomasse pour produire de l’électricité ou du gaz se fait souvent aujourd’hui au détriment d’autres cultures ou, pire, de puits de carbones pérennes que sont les forêts.

En France, la biomasse est l’avenir de la centrale de Gardanne (Bouche-du-Rhône) de Gazel Energie et peut-être celui de celle d’EDF à Cordemais (Loire-Atlantique). Dans nos Outre-mer, elle permet déjà à Albioma de sortir du charbon à la Réunion, à la Martinique et en Guadeloupe et demain, peut-être, à EDF de sortir du fioul en Guyane. 

Mais pas de filières organisées

Mais faute de filière installée, c’est avec de la biomasse importée. Parce qu’il est plus facile de faire venir des granules de bois des États-Unis que de valoriser les déchets verts locaux et d’organiser la transition de la culture de canne à sucre subventionnée vers des cultures intermédiaires à vocation énergétique, où mieux de penser une filière bois locale et durable. Sortir du charbon, du fuel ou des gaz fossiles c’est bien. Le faire, y compris en Métropole, avec une biomasse vraiment durable, ce serait mieux. 

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