Face à la réforme du marché européen de l’électricité, «la France ne renoncera à aucun de ses avantages compétitifs liés à l'énergie nucléaire»

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Alors que la réforme du marché européen de l’électricité suscite des tensions entre la France et l’Allemagne, Bruno Le Maire a réaffirmé jeudi 8 juin la position de la France sur le nucléaire. Il souhaite que le projet européen aboutisse d’ici la fin de l’année et qu’il garantisse des prix «proches des coûts de production des mix nationaux» sans avantager ni désavantager les différents moyens de production.

«Le nucléaire est une ligne rouge absolue pour la France. Et la France ne renoncera à aucun de ses avantages compétitifs liés à l'énergie nucléaire», a affirmé jeudi 8 juin le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, lors d’un colloque de l'Union française de l'électricité (UFE). La réforme en cours du marché européen de l'électricité suscite des tensions entre la France, l’Allemagne, qui a officiellement abandonné l’atome en avril 2023, et l’Espagne, qui mise sur les énergies renouvelables.

«Tous ceux qui pensent qu'ils pourraient faire reculer la France sur l'énergie nucléaire par quelque moyen que ce soit se trompent lourdement, nous ne céderons jamais sur l'indépendance de la France», a-t-il ajouté. «Chacun doit respecter les choix souverains de chaque nation en matière de mix énergétique. L'Allemagne a indiqué qu'elle respecterait les choix français en matière énergétique. C'est une bonne nouvelle. Nous avons toujours respecté les choix allemands. Et il ne me viendrait pas à l'idée (...) d'aller critiquer les choix énergétiques de telle ou telle nation.»

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«Nos entreprises françaises sont en droit de payer le juste prix, c'est-à-dire un prix stable, un prix proche du coût de production électrique nationale et un prix qui garantisse une compétitivité de l'industrie nationale face à la concurrence européenne et face à la concurrence internationale», a également dit Bruno Le Maire. Le ministre a précisé que le gouvernement souhaitait voir aboutir le projet européen avant la fin de l'année et que celui-ci devrait, selon la France, permettre aux consommateurs de payer des prix «proches des coûts de production des mix nationaux» et ne pas avantager ou désavantager tel ou tel moyen de production.

Une nouvelle régulation du prix de l’électricité en France

Il a cité la même échéance de fin 2023 pour présenter un nouveau cadre de régulation de l'électricité en France, qui devrait garantir «le prix le plus juste possible» pour permettre à la fois de «protéger les consommateurs», garantir à l'industrie «un avantage comparatif» et financer l'évolution du système électrique. La réglementation en vigueur de l'Accès réglementé à l'électricité nucléaire historique (Arenh), qui permet aux concurrents d'EDF de lui acheter des volumes d'électricité nucléaire à un prix préférentiel et dont le groupe très endetté souligne qu'il plombe ses comptes, arrivera à échéance fin 2025. Alors que les industriels commenceront début 2024 à couvrir leurs besoins en électricité deux ans en avance, la nécessité de leur fournir de la visibilité - ainsi qu'aux fournisseurs d'électricité - sur l'évolution des prix après la fin de l'Arenh devient cependant de plus en plus pressante.

Avec Reuters (Reportage Benjamin Mallet, édité par Tangi Salaün)

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