Grand froid : comment les entreprises adaptent leur consommation énergétique

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Publié le 19 janvier 2017

Comment lutter contre la surconsommation électrique en période de grand froid ? Pour éviter le "black-out", des entreprises s’engagent. De la réduction de l’éclairage à la coupure d’électricité complète (mais prévue) d’un site de production, des solutions existent. Tour d’horizon. 

"Il n’y aura pas de coupures d’électricité", a déclaré hier la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal. En période de grand froid, le doute était permis : six réacteurs nucléaires sont actuellement à l’arrêt.

Mardi, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, RTE, prenait plus de précaution et prévoyait d’exercer une "forte vigilance". Certaines entreprises ont d’ailleurs passé des accords avec RTE pour faire face à l’augmentation des besoins en électricité pendant la vague de froid.

Concrètement, comment les entreprises peuvent adapter leur consommation d’énergie ?

Adopter les éco-gestes

Les entreprises, à l’instar des particuliers, peuvent adopter les éco-gestes. Le ministère de l’Environnement et l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) préconisent d’éteindre l’éclairage des bâtiments la nuit ou et de limiter l’utilisation des imprimantes.

Pour les supermarchés par exemple, il s’agit d’installer des portes sur les meubles frigorifiques des commerces alimentaires. L’usage des lampes à LED est également préconisé.

Opter pour l'effacement électrique 

Autre solution, l’effacement électrique. En relation directe avec la RTE, l’entreprise Energy Pool module en temps réel la consommation de ses clients, en majorité des industriels énergivores. "On identifie sur chaque site quelles machines peuvent être coupées. Le but n’est pas de mettre l’usine dans le noir mais de réduire la consommation sans mettre en danger la production", explique Energy Pool.

L'accord permet aux entreprises de réduire de 5 à 20% le montant de leur facture d’électricité. En juin 2016, Energy Pool dit avoir effacé "près de 550 MégaWatts soit l’équivalent de deux fois la consommation de la métropole de Lyon".           

Des délestages volontaires 

Se porter volontaire pour des délestages. C’est le choix de 21 industriels français. Il s’agit ici de couper du réseau électrique l’ensemble d’un site de production et pas seulement une machine. Ce contrat d’interruptabilité passée avec RTE permet par exemple de couper l’électricité des usines Arkema en Isère.

"C’est une mobilisation volontaire de notre part. La coupure peut durer de 30 min à 4h. En contrepartie, nous recevons une indemnisation", explique Arkema.  

Favoriser l'énergie solaire 

L’autoconsommation par le solaire. C’est l’idée lancée par Jean-François Mathon, créateur de l’entreprise Simple et Solaire. "On est capable de créer de l’énergie avec des panneaux solaires. C’est autant d’énergie qu’on ne va pas tirer sur les réseaux EDF", explique-t-il.

En période de grand froid, cet apport peut fonctionner "comme un groupe électrogène". L’un de ses clients peut ainsi être autosuffisant pendant deux jours. Un autre, une grande surface, a diminué de moitié sa consommation journalière. 

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