Raffinerie de Grandpuits : Total mise sur les bioplastiques et les biocarburants

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Publié le 30 septembre 2020

C'est bientôt la fin du pétrole dans la grande raffinerie de Grandpuits au nord de Paris, en fonctionnement depuis 1966. Total va désormais exploiter des outils de fabrication de bioplastique, de production de biocarburants et exploitera même deux centrales solaires.

Le raffinage est un secteur en difficulté. Avec la demande en carburant légèrement déclinante ces dernières années et la concurrence de grandes raffineries au Moyen-Orient ou aux États-Unis, les marges du secteur sont très faibles. De 24 raffineries en France en 1975, il n’en reste aujourd’hui que huit, dont sept en métropole. Chaque fermeture d’un tel établissement est une page industrielle qui se tourne au niveau local. C’est même un nouveau chapitre qui va s’ouvrir pour la raffinerie de Grandpuits de Total, en Seine-et-Marne.

Le pétrolier français a annoncé la fin des activités historique du site pour le transformer en "plateforme zéro pétrole". "À horizon 2024, grâce à un investissement de plus de 500 millions d'euros, la plateforme s'articulera autour de quatre nouvelles activités industrielles : la production de biocarburants majoritairement destinés au secteur aérien, la production de bioplastiques, le recyclage de plastiques, l'exploitation de deux centrales solaires photovoltaïques", selon un communiqué du groupe.

L'arrêt du raffinage de pétrole brut est prévu pour le premier trimestre 2021, et la fin du stockage de produits pétroliers fin 2023.  Le projet prévoit la mise en service en 2024 d'une usine de biocarburants d'une capacité de traitement de 400 000 tonnes par an, "alimentée majoritairement par des graisses animales en provenance d'Europe et des huiles de cuisson usagées qui seront complétées par des huiles végétales". Une usine de recyclage de plastiques d'une capacité de traitement de 15 000 tonnes par an de déchets plastiques doit aussi être mise en service en 2023.

Craintes sociales

Le site accueillera aussi "la première usine européenne de PLA", un bioplastique fabriqué à partir de sucre, ainsi que deux centrales photovoltaïques d'une capacité de 28 MW à Grandpuits et 24 MW à Gargenville. L'arrêt de l'activité de la raffinerie n'aura "aucune incidence sur le bon fonctionnement des stations-service et des aéroports de la région Ile-de-France", qui seront approvisionnés par les raffineries de Donges, rassure le groupe.

Seront maintenus 250 postes sur les 400 que compte aujourd'hui le site. Selon Total, "aucun licenciement" n’aura lieu, la baisse des effectifs passant par des départs en retraite anticipée et des mobilités internes. "On est prêts à en discuter et à regarder les choses, mais on est très prudents sur le volet social", a commenté à l'AFP Geoffrey Caillon, délégué syndical raffinage FCE-CFDT. "Il y a l'écologie responsable, et il y a aussi les salariés. Il faut trouver un équilibre juste", ajoute-t-il.

De son côté, le délégué CGT à Grandpuits Adrien Cornet a sévèrement dénoncé la politique du groupe dans un tweet. "Total délocalise le raffinage de Grandpuits et laisse des familles à la rue sous couvert de transition énergétique, mais défonce les parcs naturels au Mozambique pour augmenter les profits", accuse-t-il. Le syndicat a appelé à une grève le 6 octobre.

Ludovic Dupin avec AFP

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