Convention citoyenne pour le climat : la filière fioul pense pouvoir échapper à l’interdiction de ses chaudières en 2022

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C’est l’une des mesures les plus emblématiques de la Convention citoyenne pour le climat adoptée par le gouvernement. Il s’agit de l’interdiction des chaudières au fioul à partir du 1er janvier 2022. Mais la filière tempère. Rappelant que la loi indiquera une limitation des émissions de CO2, elle est sûre de pouvoir respecter la réglementation grâce à un "biofioul" en développement.

Le gouvernement a validé plusieurs mesures de la convention citoyenne pour le climat. L’une d’entre elle concerne le chauffage. À partir de 2022, les Français ne pourront plus installer chez eux de chaudière à fioul, que ce soit dans une construction neuve ou dans le cadre d’un remplacement.  Mais la filière des vendeurs du fioul refuse que ce soit la fin de l’histoire pour leur secteur. "L'information est partie un peu dans tous les sens : il faut la rectifier parce que les gens paniquent, voire s'énervent", explique auprès de l'AFP Frederic Plan, délégué général de la FF3C, fédération des vendeurs de fioul.

Seules "les chaudières de type fioul 100 % fossile d'aujourd'hui ne seront plus autorisées en installation neuve", précise-t-il. Selon lui, ce n'est pas l'interdiction même des chaudières à fioul qui doit être inscrite dans la loi. Ce que le gouvernement compte empêcher explicitement, c'est d'installer des chaudières qui dépassent un certain seuil de consommation d'énergie. Aussi, il sera toujours possible d'installer des chaudières à "biofioul" après l'entrée en vigueur des restrictions gouvernementales.

En effet, le monde du fioul travaille depuis plusieurs années à une variante plus écologique de ce carburant : un "biofioul" qui intègre environ un tiers de colza. "Les installations de chaudières utilisant un biocombustible, qui répond aux exigences de la limitation des gaz à effet de serre, seront autorisées", assure Frédéric Plan. Il ajoute qu'il est aussi possible de transformer les actuelles chaudières à fioul, en changeant leur brûleur.

Le gouvernement sceptique

Le gouvernement n’exclut pas cette alternative, mais est bien moins enthousiaste que le secteur. Contacté par l'AFP, le ministère du Logement confirme qu'il est bien question de fixer des seuils de consommation maximaux d'énergie et non d'interdire les chaudières à fioul en tant que telles. "On ne se concentre pas sur l'appareil, ce qui compte pour nous ce sont les émissions de CO2", a expliqué le ministère, précisant que ces seuils n'étaient pas encore fixés.

La filière fioul assure "être capable de faire du carburant en dessous de ces seuils". "Mais on n'a aucune certitude", minimise le ministère. "Pour l'instant, ce n'est pas développé du tout. Nous, on considère que cette possibilité restera plutôt marginale". Il prévient en tout cas qu'il ne faudra pas pouvoir revenir en arrière. Une éventuelle chaudière à biofioul ne devra pas laisser à son propriétaire la possibilité de l'utiliser avec du fioul classique.

Parallèlement à cette fermeté affichée, le ministère insiste toutefois sur l'aspect progressif de cette interdiction, qui doit toucher à terme de très nombreux Français. Plus de quatre millions se chauffent au fioul, selon l'Insee. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, dont dépend le Logement, a ainsi insisté la semaine dernière sur le fait qu'il serait toujours possible de faire réparer sa chaudière à fioul déjà existante, contrairement à ce qu'avait affirmé l'opposante Marine Le Pen.

La Rédaction avec AFP

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