Énergies renouvelables : l'infographie qui montre où on en est en France et au niveau mondial

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Publié le 09 septembre 2022

Face à la crise énergétique et à l’urgence climatique, les énergies renouvelables apparaissent comme la solution évidente. Si les nouvelles capacités installées battent des records, c’est encore loin d’être suffisant face à la hausse de la consommation d'électricité, donnant l’impression de courir derrière un train qu’on n’attrapera jamais…

C’est l’un des premiers textes qui va être voté cet automne. Il s’agit du projet de loi d’accélération des énergies renouvelables (ENR). Il vise à dépasser les 180 gigawatts (GW) d'ENR en 2050, grâce à la mise en place de mesures d'urgence "temporaires, fortes et systémiques" telles qu’un allégement des obligations d'évaluation environnementale, la multiplication des possibilités d'implantation des panneaux solaires ou encore une mutualisation des débats par façade maritime pour l'éolien en mer.

La France accuse un sérieux retard dans le domaine, notamment par rapport à ses voisins européens. C'est le seul pays au sein de l'Union européenne à avoir raté ses objectifs à 2020. Mais dans le contexte de crise énergétique, exacerbée par la guerre en Ukraine, et de crise climatique, elle entend mettre les bouchées double. De premiers signaux positifs sont ainsi à noter pour le premier semestre 2022, selon les données publiées par le ministère de la Transition écologique.

Une production éolienne en chute au 1er semestre

Un gigawatt d'électricité éolienne supplémentaire a ainsi été raccordé sur les six premiers mois de l’année, c’est quatre fois plus qu'au cours de la même période de l'année 2021. Près de la moitié de cette augmentation de capacités provient de la mise en service au printemps dernier du premier parc d'éoliennes en mer en France, au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Au 30 juin, le parc éolien français atteignait une puissance de 20 gigawatts. L’objectif du pays est d’atteindre 24,1 GW d'électricité éolienne d'ici fin 2023.

Mais la production d'électricité éolienne, qui représente 7,8 % de la consommation électrique française, a chuté de 11 % par rapport au deuxième trimestre 2021, en raison "de conditions de vent plus défavorables", note le ministère. Du côté du solaire photovoltaïque, la production d'électricité a en revanche augmenté de 32 % par rapport au premier semestre 2021, représentant sur la période 3,8 % de la consommation électrique française. Au total, la puissance du parc solaire photovoltaïque atteint 15,2 GW, contre un objectif de 20,1 GW à fin 2023. Les écarts à combler restent donc importants…

Infog ENR 2022

Les combustibles fossiles pour répondre à la crise

Au niveau mondial, l’heure est aussi à l’inquiétude malgré une croissance record des énergies renouvelables pour l'année 2021. Selon le nouveau rapport de REN21, publié mi-juin, la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique mondiale stagne, leur croissance n’ayant pas suffi face à l’augmentation de la consommation d’énergie et une nouvelle hausse de l’utilisation des combustibles fossiles. L’organisme dresse le constat d’un rendez-vous manqué avec la transition énergétique.

"Après deux ans de pandémie, les grandes nations avaient promis de saisir l’occasion pour amorcer une relance verte, mais cette opportunité ne s’est pas concrétisée", notent les auteurs du rapport. "Alors qu’en 2021 les gouvernements ont été de plus en plus nombreux à s’engager à atteindre la neutralité carbone, la réalité est que, en réponse à la crise, de nombreux pays recommencent à développer de nouvelles sources de combustibles fossiles et à en brûler davantage", explique Rana Adib, Directrice Exécutive de REN21.

En outre, le second semestre de 2021 a vu naître la plus grande crise énergétique de l’histoire, exacerbée par l’invasion russe de l’Ukraine, marquant la fin de l’ère des combustibles fossiles bon marché. "L’ancien régime énergétique est en train de s’effondrer sous nos yeux - et avec lui l’économie mondiale", déclare Rana Adib. Et d’ajouter : "Pourtant, il n’est pas nécessaire d’opposer la réponse aux crises et les objectifs climatiques. Les énergies renouvelables sont la meilleure option, et la plus abordable, pour contrôler la volatilité des prix. Nous devons augmenter la part des énergies renouvelables et en faire une priorité des politiques économiques et industrielles. On n’éteint pas un incendie avec un lance-flamme".

Concepcion Alvarez @conce1

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