Frappée par la sécheresse, la Chine contraint certaines usines à fermer pour économiser l'électricité

Il y a 1 mois 218

Après les confinements liés à la pandémie de Covid-19 et les diverses pénuries de matières premières, un autre fléau grippe désormais la production industrielle chinoise : la canicule. Ces dernières semaines, le pays traverse en effet sa pire vague de chaleur depuis 1961. Les quelque 85 millions d'habitants du Sichuan, une province du sud-ouest, n'ont ainsi guère d'autre choix que de recourir massivement à la climatisation pour supporter les températures record, fréquemment supérieures à 40 °C. Un phénomène qui entraîne une explosion de la consommation d'électricité, mettant le réseau électrique à rude épreuve.

Contrairement au reste de la Chine, qui dépend encore en grande majorité du charbon, le Sichuan produit 80% de son électricité grâce à ses barrages hydrauliques. Or, à cause de la sécheresse, ceux-ci ne disposent aujourd'hui que d'un débit 50% inférieur à la moyenne recensée à la même période au cours des dernières années. Afin d'éviter aux habitants des coupures de courant inopinées, les autorités ont donc décidé de demander aux entreprises les plus énergivores de restreindre leur activité. Sur les 21 principales villes de la province, 19 d'entre elles ont même exigé que les usines suspendent complètement leur activité du 15 au 20 août.

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Des retards de livraison

Cette décision affecte de nombreuses entreprises chinoises de premier plan, notamment celles ayant choisi de s'installer dans la région pour son sol riche en lithium et en polysicilium, respectivement indispensables à la production de batteries électriques et de panneaux solaires. Le groupe Tongwei, l'un des géants de l'industrie photovoltaïque, et son compatriote Contemporary Amperex Technology, leader mondial des batteries lithium-ion et notamment fournisseur de Tesla, ont ainsi été contraints de suspendre momentanément leurs opérations dans la province.

La canicule paralyse également de multiples sociétés étrangères implantées dans le Sichuan. Parmi elles, on retrouve entre autres le géant taïwanais Foxconn, fournisseur numéro un d'Apple, les champions des composants électroniques américains Intel et Texas Instruments ainsi que les constructeurs automobiles Toyota et Volkswagen. Le groupe allemand a d'ailleurs reconnu que son usine de Chengdu était concernée par les coupures d'électricité, et que celles-ci engendreraient probablement quelques retards de livraison.

Une croissance chinoise affaiblie

Du côté des entreprises françaises, Stellantis se retrouve dans une position similaire car le groupe possède lui aussi un site dans la capitale de la province. C'est là qu'il fabrique, avec l'aide de son partenaire local Dongfeng, la C5X, le nouveau modèle amiral de Citroën dans le segment D. Le Sichuan abrite aussi un centre de maintenance pour les moteurs de CFM International, la coentreprise de Safran et General Electric, une distillerie de whisky de Pernod Ricard, une usine de traitement des eaux gérée par Veolia et un centre de R&D de Sanofi. Contactées par L'Usine Nouvelle, ces sociétés n'ont pour l'instant pas été en mesure de répondre à nos questions.

Cette situation préoccupante pourrait s'avérer d'autant plus grave que les provinces du Zhejiang, du Jiangsu et de l’Anhui, situées à l'est de pays, ont également commencé à imposer des coupures de courant aux entreprises. Les fortes chaleurs, qui devraient encore durer au moins deux semaines selon les estimations des météorologistes, pourraient ainsi peser sur l'économie chinoise. En juillet, le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà abaissé ses prévisions de croissance pour le pays à 3,3 % en 2022, soit le taux le plus faible depuis 1976 (à l'exception de l'année 2020, minée par le Covid-19).

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