L'hiver, les logements français perdent en moyenne 2,5°C en cinq heures, contre 1°C en Allemagne

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Publié le 28 janvier 2022

Nos logements sont parmi les moins bien isolés en Europe. En plein hiver, ils perdent en moyenne 2,5°C en cinq heures contre moins de 1°C en Allemagne ou en Norvège. Cela s'explique par l'ancienneté du parc et le retard pris en matière de rénovation énergétique. Le gouvernement entend accélérer sur le sujet en y consacrant près de 7 milliards d'euros du plan de relance. Un nouveau dispositif d'accompagnement vient aussi d'être lancé. 

Les maximales plafonnent entre 1 et 4 degrés sur la moitié Nord cette semaine. Et le chiffre qui va suivre va vous faire frissonner davantage. La France est l’un des pays d’Europe où la déperdition de chaleur est la plus importante. Nos logements perdent en moyenne 2,5°C en cinq heures. Seuls le Royaume-Uni et la Belgique font moins bien, affichant respectivement une perte de 2,9°C et 3°C. L’étude publiée par tado°, société spécialisée en gestion intelligente de chauffage et de climatisation, s'est appuyée sur la perte de chaleur moyenne d’un logement chauffé à 20 °C, pour une température extérieure de 0°C.

Carte perte de chaleur europe @tado

Déperdition de chaleur au bout de cinq heures, avec une température intérieure de 20°C et une température extérieure de 0°C. (Crédit : Tado°)

À titre de comparaison, en Norvège et en Allemagne, les logements étudiés ne perdent pas plus de 1°C. Mais des disparités existent localement. Ainsi, les logements parisiens perdent en moyenne 1,7°C, conservant bien mieux la chaleur que ceux de Bordeaux qui perdent 2,3°C. Pour ces deux métropoles, la hiérarchie Nord/Sud qui veut que la déperdition de chaleur soit normalement plus forte au Nord, est donc inversée. "Cela s’explique peut-être par la politique de rénovation des logements qui a démarré bien plus tôt à Paris alors que les grands plans de rénovation thermiques en Nouvelle-Aquitaine sont apparus plus récemment", notent les auteurs de l’étude.

6,7 milliards d'euros pour la rénovation énergétique

L’ancienneté du parc résidentiel explique qu'il y ait de tels écarts d'une région à une autre. D’où l’importance de le rénover. On estime qu’en France, près de cinq millions de logements sont mal isolés (les passoires énergétiques). Pour y remédier, le gouvernement met la main à la poche. La rénovation énergétique est en effet l'un des programmes les plus soutenus par le plan de relance France 2030. Au total, 6,7 milliards sont consacrés pour accompagner cette transformation, en privilégiant les bâtiments publics, ainsi que l'ensemble des ménages qui se lanceraient dans un projet global.

Au cœur du dispositif, France Rénov’, un espace unique dédié, lancé en début d’année pour simplifier les démarches des ménages et rendre les aides financières plus lisibles. En plus de la plateforme web (france-renov.gouv.fr) et du numéro d’appel (0 808 800 700), 450 guichets sont répartis sur l’ensemble du territoire. En 2021, 660 000 demandes de primes à la rénovation ont été acceptées contre seulement quelques milliers il y a encore cinq ans. L'Agence nationale de l'habitat (Anah), organisme public qui aide aux travaux dans les logements privés, a également annoncé cette semaine avoir financé quelque 750 000 rénovations en 2021, soit le triple de 2020. L'objectif pour 2022 est de dépasser les 800 000 rénovations au total.    

L'année dernière, plus de 16 000 marchés de travaux ont aussi été lancés pour l’immobilier de l’État (universités, commissariats, casernes, centres de finances publiques, centre de formation pour adulte, etc) avec 30% d’économie d’énergie. Par ailleurs, une nouvelle règlementation environnementale (RE2020) est entrée en vigueur le 1er janvier dernier. Elle prévoit notamment d'interdire l'installation des chaudières au gaz dans les logements individuels neufs.

Concepcion Alvarez @conce1

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