La France sur les rails d'une "révolution de l'hydrogène"

Il y a 3 mois 129

Mettre la France en pointe mondiale de l'hydrogène vert : l'ambition du gouvernement a clairement été affirmée lors du premier Conseil national de l'hydrogène fin février. Avec un plan de financement à 7 milliards d'euros, déjà 27 projets soutenus depuis septembre et des premiers trains à propulsion hydrogène commandés, le pays a été classé dans le peloton de tête des pays les plus avancés sur leur stratégie.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire évoquait en septembre dernier une "révolution de l’hydrogène". Un premier Conseil national de l’hydrogène s’est tenu fin février à Albi, dans la région Occitanie. Industriels et ministres ont réalisé un bilan de la mise en œuvre de la stratégie pour le développement de l’hydrogène décarboné. Les conclusions sont encourageantes pour la filière : tous les feux sont au vert. L’hydrogène est l'un des grands leviers mis en avant pour atteindre la neutralité carbone : lorsqu’il est brûlé, il n’émet que de la vapeur d’eau. Mais pour être vraiment "vert", encore faut-il qu’il soit produit sans hydrocarbures. Aujourd’hui, l’hydrogène "gris" représente 95 % de la production mondiale.

En France, les moyens pour produire de l'hydrogène décarboné ont été mis sur la table. À l'heure du plan de relance économique en septembre dernier, le gouvernement annonçait un plan à 7 milliards d’euros d’ici 2030 pour développer la filière dans l'Hexagone. Selon les chiffres de l’association France Hydrogène, 24 milliards d’euros d'investissement seront nécessaires d'ici à 2030 pour permettre à la France d’atteindre ses objectifs.

Se positionner en "leader"

Et l'ambition du gouvernement est clairement affirmée : se positionner en "leader sur les technologies de l'hydrogène". Pour la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, le développement de la filière est un enjeu de taille, et un "atout pour notre industrie, pour notre compétitivité, pour notre souveraineté."

La France est déjà sur les rails. Une analyse comparative des stratégies internationales sur l'hydrogène - réalisée à partir des données du Conseil mondial de l’hydrogène -  a positionné la France dans le peloton de tête des pays les plus avancés sur leur stratégie, aux côtés de l'Allemagne en Europe, ou de la Chine et du Japon en Asie. "Les industriels ont été au rendez-vous ! " a souligné la ministre. Depuis septembre, un total de 27 projets de recherche et développement et d’intégration de technologies hydrogène ont d’ores et déjà été soutenus.

 Projets hydrogene carte

 Projets soutenus par France Relance -mars 2021 , Ministère de la Transition écologique

 Un coup d’accélérateur

Le gouvernement a fixé trois priorités. La première : décarboner l'industrie lourde en faisant émerger une filière française de l'électrolyse, une méthode de conversion de l’énergie qui permet de produire de l'hydrogène "vert".  Le deuxième objectif consiste à développer une offre de mobilité lourde (les trains, les poids lourds, les bateaux et à terme, l’aérien) avec comme fer de lance, le secteur ferroviaire. Avec un chèque de 47 millions d’euros, le gouvernement mise sur l'expérimentation de trains régionaux. La région Centre-Val de Loire a d'ores et déjà répondu à l'appel : dès l'automne 2021, elle prévoit de faire circuler pour des essais techniques un train à propulsion hydrogène sur la ligne Tours-Loches. Le 5 mars, la région Bourgogne Franche-Comté a officialisé la commande de trois trains TER à l’hydrogène auprès d’Alstom. Un vrai coup d’accélérateur.  L'objectif de la filière est d'atteindre 250 trains en 2030, ainsi que 300 000 véhicules légers et 1 000 bateaux contre respectivement 400 et 2 aujourd'hui. 

La troisième priorité du gouvernement est de développer le savoir-faire tricolore en soutenant " la recherche, l'innovation, le développement des compétences" a déclaré Barbara Pompili. Le 9 mars, le CNRS a lancé la Fédération de Recherche Hydrogène (FRH2) qui regroupe plus de 270 scientifiques pour "favoriser des projets innovants multidisciplinaires dont les objectifs principaux sont de lever les verrous scientifiques et proposer des ruptures technologiques". Le développement de la filière devrait nécessité près de 100 000 emplois d'ici à 2030, contre 2 000 aujourd'hui. 

 Pauline Fricot, @PaulineFricot

Lire la Suite de l'Article