Pourquoi la France ne taxe pas les superprofits des géants pétroliers?

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Par Maxime Heuzé le 31.05.2022 à 16h52 Lecture 5 min. Abonnés

Le Royaume-Uni vient d'annoncer une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des compagnies pétrolières et gazières. Une option balayée par le gouvernement français qui s'avère, en réalité, très difficile à mettre en place dans l'Hexagone. 

La taxation des géants pétroliers n'est pas à l'ordre du jour en France

Le gouvernement français refuse de suivre l'exemple du Royaume-Uni qui va taxer les bénéfices des compagnies pétrolières et gazières pour lutter contre l'inflation.

Benoit Tessier

Le Royaume-Uni a annoncé jeudi dernier une taxe exceptionnelle de 25% sur les bénéfices des compagnies pétrolières et gazières qui devrait rapporter 5 milliards de livres (5,87 milliards d'euros) au cours des douze prochains mois. Une taxation qui compensera une partie de la nouvelle aide de 15 milliards de livres (17, 68 milliards d’euros) donnée aux ménages modestes pour faire face à l’inflation. Avant lui, l’Italie avait déjà instauré, en mars, une taxe sur les énergéticiens prélevant 10% de leurs bénéfices issus de la hausse des coûts des énergies fossiles. En France, l’idée de financer les mesures de soutien en taxant les compagnies pétrolières fait son chemin, notamment dans l’opposition.

Je suis favorable à une taxation des grandes compagnies pétrolières et de l’énergie pour financer les mesures de soutien au pouvoir d’achat des Français. Il s’agit ici d’une mesure de justice sociale à l’heure où les Français ne s’en sortent plus.

— Marine Le Pen (@MLP_officiel) May 27, 2022
 

Alors que le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, annonce une dépense de 22 milliards d’euros en 2022 pour lutter contre l’explosion des prix de l’énergie, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que “les conditions actuelles du marché pourraient conduire à des bénéfices excédentaires allant jusqu'à 200 milliards d'euros dans l'UE pour le gaz, le charbon, le nucléaire et l'hydroélectricité et autres renouvelables en 2022”. L'année dernière déjà, avec des prix du pétrole et du gaz qui ont frôlé des sommets, le bénéfice net d’Engie était de 3,7 milliards d’euros, celui de Total de 13,6 milliards et celui du pétrolier britannique Shell de 18,66 milliards. 

Communiqués, partenariat Cision

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