Prix de l'énergie: le coût des crémations pourrait augmenter de 35% sur les deux ans

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Une étude du comparateur de services funéraires Meilleures Pompes Funèbres publiée fin septembre estime ainsi que le prix d'une crémation pourrait augmenter au "minimum" de 35% sur les deux prochaines années, quand les contrats d'approvisionnement en gaz seront renouvelés. Elle évalue à 20% la part du gaz dans les coûts d'une crémation. Or, le prix du gaz naturel en Europe est deux fois plus élevé en octobre qu'en début d'année et a été multiplié par 7 par rapport à début 2021 sur le marché de référence, le TTF néerlandais.

La start-up funéraire Advitam va quant à elle beaucoup plus loin: dans un communiqué publié mardi, elle assure que le prix pourrait être "multiplié par 2,5" en 2023. Une estimation qui semble toutefois "surévaluée" selon d'autres experts du funéraire. En prenant en compte les divers frais des pompes funèbres comme le cercueil ou le transport du défunt, Advitam considère que les obsèques avec crémation pourraient coûter environ 30% plus cher l'an prochain. De son côté, l'un des principaux groupes de pompes funèbres, Funecap, confirme à l'AFP que "des hausses sont à prévoir" mais que leur montant est encore inconnu. Son principal concurrent, OGF, n'a pas souhaité s'exprimer.

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"Il y a une vraie inquiétude sur le sujet dans le secteur", confirme auprès de l'AFP Antony Fallourd, directeur général du réseau de pompes funèbres Funéplus, qui craint qu'une forte hausse des prix ne renforce la mauvaise image de certains établissements du funéraire, parfois considérés comme des "profiteurs de mort".

Cas par cas 

"Si les prix augmentent trop, ce n'est pas sûr que les familles puissent payer", alerte également Frédérique Plaisant, présidente de la Fédération française de crémation, qui regroupe des associations en faveur de ce rite mortuaire. Elle redoute que cela contraigne le choix des familles entre inhumation et crémation, alors qu'il s'agit d'un "choix profond" lié aux convictions de chacun, et compte saisir le Comité national d'éthique du funéraire (CNEF) à ce sujet.

La crémation représente un peu plus de 40% des obsèques en France et si un grand nombre de familles décidait de privilégier un enterrement, cela pourrait aussi poser des problèmes de place dans les cimetières. En pratique, la décision d'augmenter les prix des crémations ne peut être prise qu'au cas par cas par les communes disposant d'un crématorium: elles s'en occupent directement ou confient la gestion à un prestataire privé.

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Plutôt que de faire peser la hausse des coûts sur les familles endeuillées, certaines pourraient donc décider de s'arranger avec les prestataires en baissant par exemple la "redevance d'occupation du domaine public", une somme qu'ils versent aux communes pour exploiter le crématorium, ou encore en subventionnant directement les crémations.

Les hausses de prix dépendront de la situation de chaque crématorium. Selon Charles Simpson, auteur de l'étude de Meilleures Pompes Funèbres, elles pourraient être plus importantes pour ceux gérés par des prestataires indépendants que par des grands groupes, car ces derniers négocient plus facilement leurs contrats d'énergie et sont donc moins exposés à la hausse des coûts. Funecap promet d'ailleurs que ses hausses de prix "ne répercuteront que partiellement la hausse du coût d'approvisionnement" et prévoit déjà d'adapter sa façon de travailler pour consommer moins d'énergie.

Pour Mme Plaisant, une solution au niveau national serait préférable afin d'éviter "une rupture d'égalité des citoyens devant la mort". Elle appelle donc l'Etat à intervenir et les fournisseurs de gaz à faire un geste, en baissant leurs tarifs pour les crématoriums.

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