Vivre sans énergies fossiles : Cette famille y est (presque) arrivé

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Publié le 13 juillet 2022

Avec la hausse des prix de l’énergie, la crise climatique et les canicules à répétition, les Français sont de plus en plus nombreux à se demander comment se passer des énergies fossiles. Certains ont franchi le pas, en investissant dans des maisons durables, qui produisent leur propre énergie, en optant pour une voiture électrique ou en arrêtant de prendre l’avion. Un sevrage difficile tant les énergies fossiles irriguent notre monde. Toute la semaine, Novethic explore les nouvelles façons d’aborder la sobriété, dans une série "vivre sans".

"Cet hiver, nous avons à peine utilisé un demi stère de bois", confie Simon Cossus. De quoi faire des envieux en cette période de crise énergétique, accentuée par la guerre en Ukraine, avec des prix qui s’envolent. Le trentenaire, à la tête d’Enercoop Languedoc-Roussillon, a franchi le pas il y a dix ans avec sa compagne. Ils se lancent alors dans un ambitieux projet : la construction d’une maison la plus durable possible qui produise toute l’énergie consommée par le foyer en plein cœur de Montpellier. Et le pari est réussi.

"C’est une maison qui n’a pas besoin d’être chauffée en hiver ni d’être rafraichie en été. Au pic de la canicule de 2019, quand il a fait 45°C, nous avions 29°C maximum à l’intérieur sans aucune climatisation", explique ce père de trois enfants, ravis de partager leur cabane dans les arbres avec leurs copains de classe. Tout a été pensé en amont : la maison a été orientée de façon à avoir beaucoup de soleil qui entre en hiver et peu en été. Une partie de la façade et de la toiture sont recouverts de panneaux photovoltaïques, le reste étant végétalisé.

La prochaine étape sera de changer de voiture

Les matériaux utilisés sont bio-sourcés et produits localement la plupart du temps : l'ossature en bois vient des Cévennes, l’isolation en béton de chanvre de Champagne… Les eaux de pluie sont récupérées pour arroser le jardin mais aussi pour les toilettes. Les eaux de douche sont elles aussi récupérées pour arroser les toitures végétales et sont filtrées pour être mélangées aux eaux de pluie.

"Nous avons vraiment eu une approche globale, et pas uniquement carbo-centrée. C’est important d’avoir par exemple des sols perméables pour faire face aux inondations, dramatiques dans la région, mais aussi de préserver la biodiversité. On a des chauve-souris dans le bardage de la maison, des perruches, des hérissons", raconte Simon Cossus. De quoi faire le bonheur de la petite famille.

La prochaine étape sera de changer de voiture. Le couple envisage ainsi l’achat d’un véhicule électrique pour remplacer le Berlingo diesel acheté il y a dix ans. "C’est pratique pour aller à la plage ou à la rivière, partir en vacances ou aller faire nos grosses courses. Et c’est vrai que c’est difficile de changer certaines habitudes. Mais on a réduit nos usages à peau de chagrin et on utilise le vélo pour les trajets du quotidien", explique cet écolo convaincu que le changement ne viendra que par l’exemple et non pas par la morale.

110 000 foyers raccordés en autoconsommation

Reste qu’un tel chantier nécessite beaucoup de temps, de compétences et d’investissements. "J’ai une formation d’ingénieur et j’enseigne aux Mines sur ces sujets, donc je baigne dedans. Mais il est vrai qu’on manque de bons réseaux d’artisans et d’une structuration des financements pour se lancer", reconnaît Simon Cossus. Au 1er trimestre 2021, Enedis comptait 110 000 foyers raccordés en autoconsommation individuelle, contre seulement 3 000 en 2015.

Pour aller plus loin dans cette démarche 100 % sans énergies fossiles, la famille achète au maximum en vrac, fait le marché et limite les produits en plastique. Elle investit aussi dans des structures coopératives afin de financer l’économie réelle et locale plutôt que de grandes multinationales pétro-gazières. Car il faut bien en être conscient, les énergies fossiles irriguent la très grande majorité de notre économie - elles représentent 80 % du mix énergétique mondial. Il est donc très difficile, voire utopique pour l’instant, de s’en passer totalement.

Concepcion Alvarez @conce1

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